Je suis Enkhe Tserenbadam. Je vis à Fribourg.
J’ai grandi dans un petit village de Mongolie, et vécu quelque temps dans une yourte. La laine y était partout — dans les murs, sous les pieds, dans l’air. L’odeur de la laine mouillée, je la connais depuis l’enfance : c’est celle de la yourte après la pluie d’été. Travailler le feutre aujourd’hui, c’est en quelque sorte un retour aux sources.
Tout commence avec la laine — brute, vivante, pleine de caractère. Je pratique deux techniques différentes: le feutrage à l’eau et le feutrage à
l’aiguille. À l’aiguille barbelée, je la pique inlassablement jusqu’à ce qu’une forme émerge, dense et solide. Avec de l’eau chaude et du savon, les fibres s’emmêlent et durcissent autrement. Deux gestes différents, une
même matière, une même intention.
De la petite broche aux pièces de plus grand format — vases, formes creuses, maisons pour chats, grands poufs, coussins et sculptures
décoratives — chaque création est unique et entièrement feutrée à la main. Je travaille principalement laines de mouton, avec parfois quelques touches de fibres végétales pour enrichir les textures.
Pour me consacrer pleinement au feutrage et à la laine, j’ai choisi de mettre entre parenthèses mon activité de création de bijoux en pâte polymère, après près de vingt années de passion et de créativité.

